Être entrepreneur ressemble à une aventure. 

Et si vous êtes déjà partie à l’aventure, vous savez que chaque kilo que vous prenez dans votre sac à dos compte.

Vous pouvez certes améliorer la qualité de votre matériel, acheter un bon GPS qui vous permettra de prendre la bonne route, demandez des conseils à quelqu’un qui est déjà passé par là… mais si votre sac à dos pèse 20 kg… vous avancerez moins rapidement qu’une personne qui doit porter un sac à dos de 10kg. 

Vous perdrez en agilité et votre marge de manoeuvre est diminuée. Toutes les ressources utilisées à porter votre sac ne seront pas disponibles pour les obstacles imprévisibles qui se dresseront sur votre chemin.

Simplifier est la clé

Cette image démontre ce que j’ai souvent remarqué auprès des entrepreneurs que j’ai interviewés: rapidement ils suppriment. Ils simplifient leur quotidien. Ils vont à l’essentiel.

Cela rejoint le concept de la voie négative que Nassim Taleb popularise dans son livre « Anti-fragile ». 
La voie négative, c’est l’addition par la soustraction. En enlevant, en arrêtant, en supprimant, j’obtiens des bénéfices.
Cela va à l’encontre de l’idée que pour obtenir plus, il faut ajouter…

Par exemple, si je veux améliorer ma santé, je peux m’inscrire dans un fitness ou… je peux arrêter de fumer.
Je peux arrêter de manger des produits transformés. Je peux arrêter l’alcool. Et j’en passe.

En partant de ce principe de la voie négative, je partage avec vous 5 pratiques à cesser de faire, que j’ai amassé au fil de mes échanges avec des entrepreneurs qui réussissent et mes lectures.

Vous pouvez appliquer le principe de la voie négative en vous posant cette question:

Qu’est-ce que je peux arrêter de faire aujourd’hui qui va faciliter une activité spécifique / améliorer tous les domaines de ma vie?

Par exemple: qu’est-ce que je peux arrêter de faire aujourd’hui qui va me permettre d’économiser de l’argent, avoir plus d’énergie, mieux dormir, avoir une meilleure mémoire, perdre du poids et être en meilleure santé? 

Je partage avec vous la réponse un peu plus loin.

Erreur 1 – Copier / coller

Dans son livre « How I found freedom in an unfree world », Harry parle du piège identitaire. 

Le piège identitaire consiste à croire que ce qui rend heureux les autres nous rendra également heureux. Et il y a un parallèle à faire avec le monde de l’entrepreneuriat. Croire qu’en copiant / collant ce qui a fait le succès de certains entrepreneurs… nous connaîtrons aussi le succès.

Cette croyance est dangereuse, car elle vous empêche d’innover et de « penser en dehors de la boîte ». Cette croyance va également vous inciter à tomber dans le piège de la préparation: chercher la meilleure stratégie, lire les meilleurs articles, se former auprès des meilleurs, se documenter, attendre de se sentir prêt.

Aujourd’hui il est facile de tomber dans les livres qui vous promettent le succès en quelques étapes. Les formations de marketing qui vous disent « si vous faites cela, à la fin du mois vous gagnerez XXXXX€ ». 

Premièrement, quand on vous promet de gagner rapidement de l’argent sans efforts, souvent le seul truc que vous faites, c’est d’enrichir le type qui vous propose cela. 

Deuxièmement: vous entendrez uniquement parler des gens qui ont réussi en appliquant une certaine stratégie. Vous n’entendrez pas parler des gens qui ont appliqué la même stratégie et qui se sont plantés. Simplement parce que ces gens-là nous intéressent moins.

Dans un monde complexe, rapide et incertain, la chance a bien plus de poids que ce que les gourous du marketing veulent vous faire croire. Sauf que la chance est difficile à enseigner.

Faut-il pour autant arrêter de s’inspirer de ce que font les autres? Non, j’ai un coach qui m’aide. Je suis des formations et je lis des livres (que je choisis consciencieusement), mais je garde à l’esprit qu’il faut adapter ce que je découvre à ma situation.

Rémy partage d’ailleurs ce point de vue lorsqu’il dit « J’adapte la stratégie à la situation : certaines entreprises cartonnent via le référencement naturel, d’autres sont plus efficaces sur Facebook ou Instagram… » quand ils proposent ses services à des entreprises comme ebay, Renault ou Engie. 

Et je peux tirer un parallèle avec les entrepreneurs que j’ai interviewés: ils ne vont pas copier / coller les conseils et stratégies qui ont fonctionné. Pourquoi? 

Parce qu’une stratégie qui a fonctionné a été utilisée à un certain moment, dans un certain marché et mise en oeuvre par un type qui a un autre réseau que vous… d’autres compétences que vous.

Tout bouge. Ce mouvement crée des opportunités, des menaces, mais surtout… Ce mouvement nous incite à développer des moyens uniques pour arriver à nos fins.

Conseil N°1 – Évitez le copier / coller

Erreur 2 – Viser la perfection (du premier coup)

Dans les interviews, ce point revenait souvent quand je demandais « qu’est-ce que tu as enlevé de ton sac à dos pour avancer plus rapidement? ». 

Certes, la formulation variait, mais l’idée de fond était similaire: j’ai cessé de vouloir faire quelque chose de parfait. La perfection empêche les gens de commencer, mais surtout, elle empêche les gens de terminer. Plutôt que de terminer un travail qui contient des défauts, ils vont commencer un autre projet, un autre business et ainsi se donner bonne conscience.

La perfection est un piège parce que sa définition se loge dans l’oeil de l’observateur. Elle est donc unique. Faites un tour sur les vidéos YouTube pour vous en apercevoir. Pour un produit unique (une vidéo) vous avez des gens qui vont adorer celle-ci et d’autres qui vont la détester.

Souvenez-vous qu’une critique en dit bien plus sur le critiqueur que sur l’objet de la critique… et avancez en mode « itératif ».

Lancer un produit, écouter le marché, abandonner le produit ou l’améliorer et ainsi de suite. Cela vous évitera de tomber amoureux de votre idée, de vous identifier à elle… et de plonger dans la théorie de l’engagement.

Reid Hoffman, fondateur de LinkedIn le dit: si vous n’avez pas honte de votre premier produit, vous avez trop attendu avant de le lancer.

Sans aller dans cet extrême, si vous estimez que vous avez un problème avec le perfectionnisme, engagez-vous fermement à résoudre ce problème en cherchant des spécialistes du sujet… ou en vous entourant d’entrepreneurs qui ont réussi à s’en débarrasser.

Les réponses à ce genre de problème ne se trouvent rarement dans des articles de 1500 mots.

Conseil N°2 – supprimer le perfectionnisme maladif et adaptez-le à votre situation. 

Erreur 3 – travailler par à-coups

Un mauvais système sera toujours plus efficace qu’une personne intelligente (sans système). Ce n’est pas moi qui le dis, mais… W. Edwards Deming.

Un système réunit les avantages des 2 types d’organisation les plus fréquents.

Le premier type d’organisation est statique. Les personnes qui utilisent ce type d’organisation vont optimiser le classement de leurs objets, de leur information, mais ils ne vont pas produire beaucoup de résultats.

Le deuxième type d’organisation est dynamique: les gens qui appartiennent à cette catégorie vont s’agiter, foncer, saisir des opportunités. Mais ils vont aussi stresser et perdre de vue ce qu’ils souhaitent accomplir. À terme, aucun des deux types n’est efficace pour obtenir des résultats. 

Les entrepreneurs les plus consistants que j’ai rencontrés regroupaient les deux types d’organisation (statique et dynamique) en créant un système.

  • Un système permet de réduire les décisions prises et la fatigue mentale. 
  • Un système permet d’obtenir un certain standard de production en termes de quantité et de qualité. 
  • Un système permet de conserver une mémoire opérationnelle de ce qui est fait, par qui et facilite la délégation lorsque l’entreprise grandit.

Ce que je viens de dire peut sembler impressionnant lorsqu’on n’a pas de système en place… mais le plus important est qu’un système se construit. Il ne s’achète pas.

Plutôt que de vouloir foncer sous le coup de l’enthousiasme, il est plus intéressant de s’asseoir et de se demander:

  • Quelles sont mes sources d’informations? 
  • Par où vont-elles passer? 
  • Qu’est-ce que je souhaite créer, dans quelle quantité et quelle qualité? 
  • Qu’est-ce que je dois faire quotidiennement, hebdomadairement et mensuellement pour entretenir mon système?
  • Qu’est-ce que je peux améliorer cette semaine en me basant sur mes pratiques précédentes?

Conseil N° 3: évitez de travailler par à-coups

Erreur 4 – Perdre de vue l’importance au profil de l’urgence

Une grande partie de ce que l’on fait peut être classé en deux catégories: être heureux ou ne pas être malheureux. Avoir du plaisir ou éviter la souffrance.

Au moment où l’on se lance, quand on devient indépendant, on est enthousiaste, on a de l’énergie et on est obnubilé par la réussite de notre projet.

Ces oeillères nous font oublier les habitudes et activités qui nous permettaient de fonctionner au moment où l’on s’est lancé.

Au final, on se fait happer par notre projet et on met de côté ce qui est important, au profil de ce qui semble urgent. Mais ce qui est important sera toujours plus important que ce qui est urgent. Seulement, l’urgence vient à nous… alors qu’il faut délibérément faire un pas vers ce qui est important.

Je pourrais créer du contenu 24h/24h, mais je dois dormir pour être efficace (plus précisément, je dois dormir 8h par jour). Je pourrais répondre à mes emails et créer de nouveaux produits, mais je veux continuer à faire du sport.

J’ai travaillé plusieurs années avec un CEO qui a mis de côté ce qui était important au profil de ce qui était urgent. Le résultat n’est pas beau à voir: divorce, santé en berne, insomnies et niveau de stress hors normes. 

Ouch….

Au moment où je vous parle, son business est en chute libre.

Ouille…

Le business est incertain, le marché est hors de votre zone de contrôle, vous pouvez tout perdre rapidement. Faites en sorte que si cela arrive (et je ne vous le souhaite pas) il vous reste votre corps et votre cerveau en état de fonctionnement optimal, afin de pouvoir (au mieux) recommencer ou (ou pire) ne pas être un poids pour votre entourage.

Vous irez moins vite les premières années en prenant en considération votre couple, vos amis, votre formation et votre corps, mais sur la durée, vous serez toujours là quand vos concurrents feront un AVC.

Dans le livre Priorité aux priorités, Stephan Covey parle de la matrice d’Eisenhower et il explique qu’il se passe quelque chose de magique quand on passe la plus grande partie de son temps sur les tâches importantes et non urgentes: le nombre de tâches urgentes quotidiennes diminue. 

Un cercle vertueux se met en place. 

Ce qui nous permet d’avoir de plus en plus de ressources à investir sur ce qui est important… et de voir diminuer les urgences dans notre vie.

Comment s’y prendre pour investir des ressources sur ce qui est important?  

En utilisant les limites libératrices. Placez dans votre agenda des limites maximales sur les activités que vous souhaitez réduire… et des limites minimales sur les activités que vous souhaitez augmenter.

Vous ne vous formez pas assez? Définissez dans votre agenda 3 périodes dans la semaine durant lesquelles vous allez vous former.

Vous travaillez trop et vos journées n’ont pas de fin? Définissez un nombre d’heures de travail maximum.

Conseil N°4 – Arrêtez (autant que possible) de jeter vos ressources sur des tâches urgentes.

Erreur 5 – Ne pas mesurer.

Quand j’ai commencé à faire des pubs Facebook, je me suis fait aider par une personne bien meilleure que moi. Et avec elle, j’ai appris à tout mesurer.

Je mesurais déjà mes propres comportements, mais avec cette expérience, je suis passé à une étape supérieure. Sans mesure, vous vous ferez avoir par vos doutes, par votre optimisme et par ce que vous croyez connaître (mais que vous ne connaissez pas).

Toute la difficulté est de sélectionner les bons indicateurs et ces indicateurs vont varier d’un secteur à l’autre. Là encore, pas de formule « clé en main », mais ce que vous pouvez commencer à faire, est de mesurer ce que vous souhaitez changer dans votre vie perso.

Par exemple, vous souhaitez passer moins de temps sur Netflix, ou plus de temps avec votre conjoint/e.

Vous voulez perdre du poids ou augmenter le temps passé à vous former. Dans tous les cas, il est possible de mesurer. Mesurez cela dans votre agenda (plutôt qu’une application supplémentaire) avec la seule intention de continuer à mesurer. Le but n’est pas de changer, mais de mesurer.

Éventuellement, avec le temps vous vous apercevrez des bienfaits de cette pratique et vous vous direz « si cela a si bien fonctionné avec moi… cela devrait également bien fonctionner sur mon business »

Conseil N°5 – Cesser d’y aller à l’instinct et commencer à mesurer.

Que puis-je enlever de mon sac à dos aujourd’hui?

C’est une question intéressante qui revient souvent dans les livres que je lis et les personnes que je rencontre. Certes la formulation est différente, mais celle-ci est derrière le minimalisme, les méthodes agiles, l’essentialisme et « The one thing ».

Souvenez-vous de ma question au début de cet article: qu’est-ce que je peux arrêter de faire aujourd’hui qui va me permettre d’économiser de l’argent, avoir plus d’énergie, mieux dormir, avoir une meilleure mémoire, perdre du poids et être en meilleure santé? 

Cette question, je me la suis posée en décembre 2019. Et le 15 décembre j’ai décidé d’arrêter l’alcool. Mais souvenez-vous: ne copiez / collez pas.

Julien

PS: Une fois que vous aurez trouver l’activité à enlever de votre sac à dos, vous aurez plus de ressources à investir. Je vous propose de continuer votre lecture pour définir les activités importantes à considérer pour faire durer l’aventure de l’entrepreneuriat le plus longtemps possible.

Julien aide les entrepreneurs à rester productif et serein malgré un environnement chaotique. Il blogue sur Organisologie.com