[Mise à jour du 2 avril 2021 : Libra devient Diem]

Depuis plusieurs années, la firme de Mark Zuckerberg travaille d’arrache-pied à la création d’une monnaie décentralisée sur le modèle de Bitcoin : le Diem. Le but affiché ? Permettre aux utilisateurs de Facebook, Instagram et Whatsapp de s’échanger de l’argent sans jamais passé par une banque. L’autre but étant de permettre aux petites entreprises de se développer plus facilement.

Mais est-ce seulement dans ce but ?

Le Libra ou Diem, c’est quoi ?

Il s’agit d’une cryptomonnaie créée par les équipes de Facebook. Une monnaie qui s’affranchirait des banques et qui permettrait des échanges monétaires simples et efficaces entre les utilisateurs des réseaux sociaux appartenant à Facebook.

Le projet en est où ?

Début 2021, Le libra devient le Diem

Fin Juin 2020, Calibra devient Novi et lance le portefeuille en ligne.

En Avril 2020, le projet, d’après David Marcus, qui est en charge de le mener à bien, progresse bien.
Il explique que les 9 derniers mois ont été intenses et que les investisseurs principaux étaient présents.
Il dit que seul 10% des fonds de l’association Libra créée a été fourni par Facebook.

Il est quasiment prêt et l’on présent en lancement en Juin !
Facebook aurait déjà approché des plateformes d’échanges de cryptomonnaies pour en discuter.

Des tests ont déjà eu lieu en Inde

Facebook avait insisté récemment sur l’importance du paiement via messagerie comme un axe stratégique du développement de ses services de messageries. Un test est déjà en cours en Inde depuis février 2018 auprès d’un million d’Indiens via Unified Payment Interface, une plate-forme de paiement dématérialisée du secteur bancaire indien. Ce service devrait être bientôt généralisé. D’autres zones géographiques sont en ligne de mire, comme l’Amérique Latine.

Facebook veut rattraper son retard sur Wechat

Le marché du transfert d’argent et du paiement via messagerie est en plein essor. Les pays en voie de développement sont un marché particulièrement prometteur car il est difficile pour beaucoup d’habitants d’y ouvrir un compte bancaire traditionnel et de faire des achats en ligne. WeChat est très en avance sur le reste du monde et opère principalement en Chine.

Aussi volatile que le Bitcoin ?

D’après les informations du New York Times, le Facebook Coin sera calqué sur le cours de différentes devises et non pas soumis à une volatilité importante comme le Bitcoin. Facebook aurait les moyens financiers de garantir la valeur d’un Facebook Coin avec des devises détenues sur leurs propres comptes bancaires. L’intérêt sera donc moindre pour les spéculateurs, et fort pour le grand public en recherche de stabilité. C’est bien la cible visée par Facebook. Mais beaucoup pensent qu’il sera plus difficile pour Facebook de maintenir le cours. Affaire à suivre.

Quel potentiel et quels usages ?

Facebook peut compter sur une cible potentielle de milliards d’utilisateurs. Ses messageries WhatsApp (1,5 milliard d’utilisateurs), Messenger (1,3 milliard) et Instagram (1 milliard) cumulent déjà des centaines de millions d’utilisateurs actifs mensuels. 

Plusieurs questions se posent: Comment Facebook gérera les éventuels problèmes, hackings… ? Déléguera-t-il une partie de cette responsabilité sur une plateforme d’échange de cryptomonnaies? Dans quelle mesure son projet se heurtera-t-il aux questions réglementaires qui freinent encore actuellement l’essor de la cryptomonnaie?

D’autres projets autour de la blockchain pour Mark Zuckerberg

Comme le montre cette vidéo, le patron de Facebook a bien d’autres idées sur le sujet.

Qu’en penses nos experts francophones des cryptomonnaies ?

Ouriel Ohayon :

Je suis très excité par le fait qu’un géant comme Facebook arrive dans ce domaine. Je pense que cela va beaucoup apporter à toute l’industrie autour du Bitcoin et de la Blockchain. (retrouvez son avis plus complet en anglais ici)

Rémy Bigot :

Je pense que Facebook tente quelque chose qui peut changer le monde. Avec à sa tête un petit génie, David Markus, cela pourrait faire des étincelles et donner de grosses sueurs froides au monopole des banques dans le monde.

Y-a-t-il un but moins évident à tout ça ?


Le but moins évident ? Anéantir toute concurrence dans le domaine des réseaux sociaux et mettre à genoux les banques…

Les gouvernements et la finance réagissent

Certaines personnes voient d’un mauvais oeil l’arrivée de Libra.

Le congrès américain par exemple a envoyé une lettre au géant américain, l’enjoignant d’accepter un moratoire sur toute avancée concernant Libra.

Le législateur américain craint que les risques liés à cette innovation n’aient pas été suffisamment évalués.

Donald Trump a montré également ses craintes que cette monnaie qui pourrait d’après lui faire de l’ombre au dollar américain :

« Je n’aime pas le Bitcoin et les cryptomonnaies, qui ne sont pas de l’argent et dont la valeur est très volatile. La monnaie virtuelle de Facebook Libra n’est pour moi pas fiable. Si Facebook et d’autres entreprises souhaitent devenir des banques, elles devront se plier aux réglementations bancaires comme toutes les autres banques»

A suivre !