Lever des fonds, trouver des financeurs, faire son « grand oral »… Lever des fonds c’est comme une thèse à présenter, ça prend du temps, de l’énergie (et de l’argent) et surtout, ne vous y trompez pas, cela n’est pas gagné d’avance.

 

Rémy dans son émission cette semaine nous amène des conseils concrets et réalistes

 

 

« J’AI EU UNE SUPER IDÉE »

Bon autant vous le dire direct, ça ça ne marche pas… D’abord parce que ce n’est pas forcément l’idée en elle-même qui va intéresser un financeur, mais bien son potentiel de revenus.

 

Car oui, malgré ce que vous pourriez penser, ces « riches » érudits, près à investir des centaines de milliers d’euros, voire des millions, ne sont pas des « lapins de 3 jours ». Ce sont souvent des Business men accomplis, ou des organisations déjà très prégnantes sur le marché.

 

Du coup, ce n’est pas une idée que vous allez « vendre », mais bien sa capacité à ramener du Chiffre d’Affaires, et surtout des bénéfices.

 

« JE N’AI PAS ENCORE DE CHIFFRES MAIS JE SUIS SÛR QUE ÇA VA MARCHER »

Bon, ça, ça ne marche pas non plus.

 

Les levées de fonds commencent avec un dossier bien ficelé, qui analyse et décortique tous les éléments, tangibles ou non d’ailleurs, et qui du coup amène une véritable scanographie de l’activité en cours ou futures et du potentiel de développement.

 

Cela implique donc d’être en capacité d’aborder tous les sujets concernant votre entreprise ou projet : business plan ou business model, stratégie (qu’elle soit marketing ou commerciale), les coûts (que ce soit les coûts d’activité ou encore les coûts d’acquisition client) ou encore les prévisionnels (tenant compte de tous les éléments précédents, ainsi que des tendances du marché bien sûr).

 

 

En bref, une levée de fond ne se fait pas sur votre « belle gueule » ou votre bagout, mais bien sur des éléments factuels et réalistes ; mais aussi sur votre connaissance du marché et de votre secteur. Je ne parle même pas des capacités essentiels à un entrepreneur (en devenir ou déjà installé) : savoir lire un bilan et l’interpréter pour mettre en face une stratégie adaptée, savoir décortiquer un business model, comprendre l’impact d’une entrée au Capital de cet ou ces investisseurs potentiels pour pouvoir négocier, etc…

 

 

« AYEZ CONFIANCE »…

 

Soyons clairs ! Non, un investisseur ne vous fera pas confiance surtout si vous n’êtes pas en mesure d’amener des éléments concrets et de répondre aux diverses questions qui peuvent vous être posées.

 

Car faire une levée de fonds implique dossiers, graphiques, réponses à des questions très techniques, et un engagement sans faille. Que dire également de la réactivité ? Car ne vous leurrez pas, vous n’aurez pas le temps d’improviser ! Un investisseur peut très bien vous demander des éléments à 23h le soir pour le lendemain matin… Vous ne pouvez donc qu’y répondre en temps et en heure, sans quoi autrement, l’éventuel financeur aura tôt fait de vous ranger dans les tiroirs.

 

La confiance en un projet dépend de beaucoup de paramètres : le dossier, le pitch, l’attitude, le discours, tout concours à réussir ou non sa levée de fond. C’est donc une véritable préparation, beaucoup de temps à « chiader » tout ça, et un investissement réel en termes financiers (déplacements, impressions des dossiers, etc…)

 

EN BREF, C’EST PAS GAGNÉ MAIS PAS IMPOSSIBLE

Il faut par contre s’adresser aux bons interlocuteurs, « rentrer dans le circuit », et cela implique la plupart du temps d’être accompagné par des spécialistes qui seront en capacité de défendre votre dossier en amont, et vous obtenir des rendez-vous qualifiés. À moins que vous n’ayez un réseau de fou !

 

Je finirai ce billet pour adhérer au point de vue de mon camarade Rémy :

 

  • Le temps passé à lever des fonds, c’est du temps que vous ne passez pas à développer votre projet ou votre entreprise
  • C’est long, difficile et il faut avoir les « épaules larges »
  • Le Business Plan et Business model est la clé de voute d’une levée de fond réussie : donc on s’y plonge et on sort des chiffres cohérents avec son ambition mais aussi avec la réalité du marché
  • Le réseau est fondamental
  • La différenciation ne tient plus à une question de prix ou de compétence, mais réellement à votre capacité d’innover et votre agilité par rapport au marché et aux tendances de consommation par exemple.
  • Être capable de présenter son projet de manière clair tout en étant différenciant, même si le côté financier sera celui le plus étudié par les éventuels financeurs…

 

Bon, ben maintenant, y’a plus qu’à y aller là !